Archive de janvier 2008

Echanges boulevard Ney

Nous retrouvons tous les soirs pratiquement les mêmes personnes; dès leur arrivée, des sourires s’échangent, des “Bonsoir Monsieur, bon appétit” fusent lorsque nous les servons, beaucoup de “Merci” en retour.

Lorsqu’on passe au milieu des tables pour remettre du pain ou servir thé et café, ils nous interpellent : “Ah, ce soir c’était bien bon!”, “et servi avec le sourire!”

“Ce soir, vous êtes en nombre!”, c’est donc qu’ils avaient remarqué que la veille, nous n’étions que quatre, à courir dans tous les sens, pour assurer le service!

Lorsqu’ils partent, nous leur souhaitons “Bonne fin de soirée”, “Bonne nuit”, auxquels certains répondent “Merci et bon courage pour la fin de la soirée”.

Il ressort des ces échanges qu’ils font attention à nous, comme nous, nous faisons attention à eux, pour les servir au mieux.
Les échanges ne sont pas toujours faciles, il y a beaucoup d’étrangers, jeunes pour la plupart, avec de timides “Merci” ou “Thank you”; mais le sourire est une langue universelle!

Second point de distribution à Paris

Café - (c) Stéphane Lehr 

Depuis un mois, nous effectuons une nouvelle opération d’aide alimentaire d’urgence: des repas chauds, servis à table, dans une salle. Cette salle se trouve dans une ancienne boulangerie militaire (entrepôts de farine), situé boulevard Ney, à Paris (18ième). Dans ce même lieu, se trouve un centre d’hébergement d’urgence, où dorment les personnes à qui nous servons les repas.
Pour cette action, l’Armée du Salut travaille en partenariat avec l’association ADOMA qui elle, s’occupe du centre d’hébergement.

Tous les soirs, un bus, mis à disposition par la RATP, achemine environ 180 personnes, en trois voyages, de la Place du Colonel Fabien, vers ce centre d’hébergement. C’est le dispositif “ATLAS”, piloté par la DDASS de Paris, en lien avec le Samu-Social, le 115, pour ce qui concerne l’hébergement: tous les jours, ces personnes appellent le 115 et s’inscrivent pour avoir une place dans le centre d’hébergement.
Ce dispositif ATLAS est en vigueur toute l’année, même l’été.

Tous les soirs donc, une équipe de bénévoles de l’Armée du Salut, coordonnée par un salarié, s’active pour effectuer trois services de repas, rythmés par les arrivées du bus.
Il y a d’abord la préparation, mettre à chauffer le plat principal, préparer du thé et du café en grande quantité, dresser les tables (eau, pain sel et poivre), rouler les couverts en plastique dans une serviette pour faciliter la distribution, …
Puis nous attendons l’arrivée du premier bus, vers 20h15, qui amène les 60 premières personnes. Chacune à leur tour, elles viennent prendre un plateau où nous déposons une entrée, une assiette servie en plat chaud (viande ou poisson et légumes), un laitage (fromage ou yaourt) et un dessert. Une fois tout le monde servi, nous nous éparpillons entre les tables pour proposer du thé et du café, avant de leur demander de libérer la salle pour préparer les tables pour l’arrivée du bus suivant.

Un mois, c’est peu pour nouer des liens, d’autant plus que les trois services s’enchaînent assez rapidement, mais ça commence … et les bénévoles qui avaient participé aux soupes de nuit dans la rue, avec le camion, ont retrouvé beaucoup de visages connus; ces personnes, à qui on distribuait un repas froid et une soupe dans la rue avant que les bus ne les amènent au centre d’hébergement, viennent maintenant directement pour prendre un repas chaud, assis à table.
Ils apprécient clairement la différence!

Ode, Odile et Idylle

Devant le camion - (c) Stéphane Lehr

Hier soir, nous avons été éclairés par un éclat de rire…Oui, ça peut éclairer aussi le rire… 

Philippe, un bénévole était au fond du camion. D’habitude, quand on est au fond du camion, on n’est pas très visible et on n’échange pas beaucoup. Pourtant, là, il y a avait manifestement un grand échange entre lui et deux habitués de la Soupe de Nuit. 

On voyait en effet Odile qui regardait en direction du camion, parlait avec Ahmed et ensuite elle éclatait de rire… Elle faisait des grimaces, des mimiques et puis éclatait de rire à nouveau…

La bonne humeur communicative d’Odile ce soir là ne semblait pas vouloir s’arrêter. Cela à duré un bon moment. 

Finalement, quand Philippe est descendu du camion, Odile s’est approchée de lui : 

- « Tu sais, j’ai bien rigolé ce soir grâce à toi… Et avec tous mes problèmes, ça fait du bien… Je n’avais pas rigolé comme ça depuis longtemps. Merci… » 

Philippe, un peu surpris a demandé à Odile pourquoi elle avait rigolé de si bon cœur ? 

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Le Paris-Dakar n’est pas perdu pour tout le monde

Repas en été - (c) Stéhane Lehr 

Suite à l’annulation du Paris - Dakar, les banques alimentaires de toute la France ont récupéré des rations alimentaires qui étaient prévues pour le rallye. Rien qu’à Lyon, nous avons récupéré une dizaine de tonnes.

Bernard, qui est également bénévole à la Banque Alimentaire du Rhône nous disait que l’entrepôt débordait quand la livraison a été effectuée et qu’ils avaient manqué de place. 

Il faut remercier au passage les organisateurs pour leur geste.  

Ce soir, nous avons donc proposé un repas spécial qui était destiné à l’origine à de grands champions ou à des anonymes, mais qui ont tous en commun d’être de courageux compétiteurs. 

Ca tombait plutôt bien je trouve… La plupart de nos bénéficiaires, eux aussi, savent ce qu’est une traversée du désert en solitaire où il faut retrouver son chemin. Ce sont des champions à leur manière pour qui chaque jour peut se transformer en une étape digne d’un rallye automobile. Le ravitaillement est donc un moment particulièrement important.

Ce soir, le strass et les paillettes sont venus s’inviter autour de la soupe populaire d’une manière originale et efficace…  Pour le plus grand bonheur de tous.