Archive de mars 2008

Les donateurs

Distribution d’une soupe - copyright Stéphane Lehr 

Hier, j’ai été invité à prendre la parole quelques minutes pour parler des soupes de nuits à des donateurs… 

A cette occasion, j’ai pu voir le film « institutionnel » qui présente l’action de l’Armée du Salut.

Un vieux copain bénévole y prononce une phrase qui a marqué tout l’auditoire… 

« L’altruisme, ce n’est pas une qualité, c’est un engagement » 

La profondeur de cette remarque me laisse encore sans voix (heureusement, il me reste mes doigts pour écrire) 

Hervé, il s’appelle… un type comme ça…  

Pour revenir aux donateurs…  

Et bien, ce fut très intéressant, pour eux comme pour moi…  

Je ne vais pas vous raconter d’histoires, ces gens là ne sont plus tout jeunes… A tel point que je me suis demandé si le donateur n’était pas une espèce en voie de disparition… 

Heureusement ceux qui sont là sont vraiment des gens biens…J’ai découvert des esprits vifs, curieux, attentifs… Ils ont posé des questions sur les publics qu’on rencontrait, sur leur évolution, sur la manière dont ça se passait.

Ils ont montré beaucoup d’intérêt pour les soupes de nuit, à tel point que plusieurs d’entre eux ont même exprimé leur désir de nous rejoindre pour donner la soupe … 

Ce qu’ils font est déjà exceptionnel… C’est aussi grâce à eux que la structure tourne… Si à ma modeste place je peux distribuer des soupes, des colis et des sourires et rendre le quotidien de certains un peu plus supportable,  c’est grâce à l’Armée du Salut et si l’Armée du Salut peut gérer autant de projets, c’est en bonne partie grâce à ses donateurs … CQFD… 

« Quand je donne un colis, c’est vous qui le donnez avec moi… »  Leur ai-je dit 

Alors, Mesdames les donatrices et Messieurs les donateurs, merci beaucoup. Merci pour votre générosité, merci pour votre altruisme, merci d’être là,… tout simplement.

Les bénévoles du boulevard Ney

(c) Stéphane Lehr - soupe boulevard Ney à Paris 

Voici un petit échantillon des bénévoles du centre de distribution de repas, boulevard Ney:

  • Notre doyenne de 73 ans, Odile, dont la gentillesse et la disponibilité sont sans borne; très à l’écoute des bénévoles comme des personnes accueillies, qui l’appellent affectueusement “mama”.
  • Suivie de près (en âge) par Marie-Thérèse, qui se place toujours au poste d’accueil et de distribution des plateaux; elle nous fait souvent une démonstration de danse africaine entre deux services, c’est notre “Miss”.
  • Il y a aussi notre bénévole TGV, Eric, qui travaille en semaine sur Paris, vient nous aider certains soirs et rentre chez lui à Marseille le week-end; c’est certainement le bénévole qui vient de plus loin!
  • Yannick et Françoise viennent en couple et en uniforme, car ils sont salutistes; eux aussi viennent de loin, de Choisy le Roi, avec 1h30 de transport; ils sont pourtant là très régulièrement, trois fois par semaine, quel courage!
  • Et notre benjamin de 13 ans, Pierre, qui est venu avec ses parents; très avenant et disposé à la discussion, il s’est tout de suite bien intégré et senti à l’aise. Il a un avenir prometteur dans le bénévolat!

Venez nous rejoindre pour apporter vos originalités et vos qualités humaines afin de nous aider à faire tourner et vivre ce lieu d’échange et de convivialité.

Retrouvailles nuit de la solidarité, à Paris

(c) FADS - Distribution à la Nuit solidaire pour le logement

Nous étions, avec beaucoup d’autres associations, place de la République, le jeudi 21 février au soir, pour la « Nuit de la Solidarité » avec les personnes mal logées ou sans logement.

Sur un podium, des chansons, des discours, beaucoup d’ambiance sur la place, beaucoup de monde ! Et pour nous, beaucoup de sandwichs à distribuer, du thé, du café …

La soirée se prolongeant sur la nuit, il ne nous restait plus que quelques biscuits et surtout du café (le percolateur tournait sans interruption).

Dans toute cette foule, une tête connue s’approche de moi. Je l’avais vu souvent lors de soupes de nuit dans la rue. Nous nous reconnaissons mutuellement, avec surprise :

« Tiens ! Bonjour, ça va ? »

« Ca va bien … et vous ? »

« Ca va … »
Je continue :
« Vous ne me voyez plus au camion des soupes car je suis dans un autre lieu de distribution … »

« Moi, je viens plus beaucoup au camion, … j’ai trouvé du boulot, …. Et je suis dans un foyer …. »

« C’est une bonne nouvelle ça ! … »

Très réservé et très timide, il n’en dira pas plus. Il prend un café, je lui souhaite « bon courage, bonne continuation », et déjà d’autres personnes me sollicitent pour un café.

L’échange fut bref, mais la chaleur est passée ; il était autant ému de m’apprendre cette bonne nouvelle, que moi de l’apprendre.

Ce jeune homme, un temps SDF, a enfin trouvé un foyer, à quand un vrai logement ? Nous étions tous là ce soir, pour le soutenir, lui et des milliers d’autres dans la précarité.